Suite à orageuse explication avec la belle-famille, de la partie âgée, je m'adresse au reste de la tribu, que j'em............. profondément et qui me gave tout aussi profondément !
Faut pas croire, que je me lamente, quand je raconte notre vie là-bas, loin.
Faut pas croire que je cherche la compassion ;
Faut pas croire que nous avons arrêté de vivre
Faut pas croire non plus que tout est rose là-bas sous le tropique
Faut pas croire que tout y est bien propret
Bien clean et bien rangé, loin de là
Faut pas croire que je ne vois que du noir ici
Faut pas croire que je traine des regrets
C'est vrai que je ne regrette pas d'avoir vécu ailleurs
C'est vrai que j'ai vécu une expérience unique
C'est vrai que je me suis attachée à ce pays de poussière et de couleurs
C'est vrai que nous n'étions pas préparés à revenir si vite
J'ai aimé revenir, retrouver mes aînés, mes petits enfants
J'ai aimé assister à la naissance de mon petit fils
J'aime les avoir tous ensemble autour de moi
J'aime penser que je repartirai, cependant
Je sais que d'aucuns nous jugent, nous blâment
Je sais qu'il est difficile de comprendre ce qui nous rattache à notre île
Je sais aussi maintenant ce qu'est l'essentiel
Je sais aussi me contenter de peu
Mais j'ai froid, toujours
Mais j'ai mal toujours
Dans mes os qui ont besoin de chaleur
Dans mes articulations qui craquent, qui grincent, qui se bloquent
Nous sommes revenus parce que l'insécurité gagnait
Nous sommes revenus pour les deux derniers enfants
Nous sommes revenus pour ne pas rester
Mais nous restons, pour l'instant;
Pas le choix
Tant que deux pantins se disputeront le pouvoir
Au détriment de leurs compatriotes qui souffrent
Mais il me reste un sentiment d'inachevé.
nous sommes revenus dans l'urgence
Il nous restait des choses à faire et tant à apprendre
C'est cela qui me désespère;
Et aussi, le jugement des proches
Qui n'ont jamais bougé
Qui ont peur de sauter la barrière
Qui sont frileux, peureux
Qui te disent "ah la chance, "
et qui te critiquent par la suite,
Qui te font la morale.
Et aussi, quand tu postules pour un emploi
Tout se passe bien, et puis
Tu annonces ton âge.
Et là : ah oui mais.....
Et oui, mais. passé 50 ans, trop vieux !
Et l'homme, tu as froid pour lui
Qui a repris son ancien métier de charpentier
Qui rentre le soir, gelé, crevé,
Qui s'endort comme une masse,
Qui n'arrive pas à récupérer............
Alors oui, je repars en image et en mots
Là où il fait chaud, là où la vie était douce
Là où les gens sont chaleureux et pas indifférents
Là où ils se contentent de peu
Où ils font avec ce qu'ils ont
Et ils chantent et ils rient, malgré la pauvreté
Ils ont un toit, ils ont du riz
Ca suffit.
Et puis, vous étiez prévenus ..... quand je disais
Adieu, Bonjour
...(clic)......