.jour de repos, en principe, jour de flemme........Qui n'a jamais, au moment de monter dans le train ou dans l'avion, acheté un de ces romans, dans les kiosques aimablement mis à la disposition des voyageurs, en même temps qu'une provision de cochonneries pleines de chocolat, caramel, cacahuètes, un vrai suicide diététique, mais il faut bien supporter l'enfermement et la promiscuité, n'est-ce-pas ?
J'avoue, moi je l'ai fait, très souvent. J'ai passé une bonne partie de ma vie dans les trains, puis plus récemment, en avion, et pour tuer le temps, je me plonge le nez dans un bouquin, pour ne pas passer mon temps l'œil vissé sur ma montre, pour éviter de faire la causette à mon voisin de fauteuil, le seul qui a peur, ou qui connait tout, celui qui s'épanche, le curieux - le masculin, dans ce cas étant un terme générique. Ca peut être aussi une voisine, alors là c'est pire, on n'échappe pas aux rhumes du petit dernier, aux accouchements difficiles, aux recettes de cuisine, en picorant les petits morceaux de buvards servis dans des barquettes en plastique.
Au début, j'achetais des polars haletants, dont je levais ensuite le nez pour découvrir un dangereux psychopathe assis à côté de moi, et pour trembler durant tout le reste du voyage. Et j'ai donc définitivement choisi LE roman à l'eau de rose, celui qui se lit facilement, celui qui ne m'apprendra rien, sachant pertinemment que je ne retiendrai rien de ma lecture. De toutes façons, le choix est restreint, dans les kiosques, alors déculpabilisons, et savourons les aventures de la tendre héroïne aux prises avec le viril aventurier, dont, après avoir été victime de ses réparties sarcastiques et de son caractère tranchant, elle découvrira avec délices, (et à corps, pardon, esprit défendant, je découvrirai en même temps qu'elle) l'abondante toison dorée ou brune, selon les goûts de l'écrivaine, qui recouvre ses pectoraux puissants, et ses avant-bras musculeux, avant de tressaillir sous ses caresses voluptueuses (question : pour être un séducteur viril, est-ce une condition nécessaire que d'être velu comme un singe et bati comme Schwarzeneger ? - pardon, ce n'est plus le bon exemple, la loi de la pesanteur a joué, disons Vin Diesel -). Et, sans honte, conservons ce roman, (caché au fond de la bibliothèque, quand même) , pour s'y replonger les nuits d'insomnie, ou les jours de cafard.
Par contre, je me demande ............ ces romans auraient-ils autant de succès, si nous inversions les rôles ? Si, par exemple, l'héroïne était un héros timoré, jeune homme qui découvre la vie, aux prises avec une femme, une vraie, de celles qui mordent la vie (mouais, oui, disons la vie, allez) à belles dents, qui le rudoient, le secouent, l'insultent parfois, avant qu'il ne découvre avec délices, (mais non, pas les pectoraux puissants, comme vous y allez vous!!! mais) la peau satinée etc etc........ au bout de cent quatre-vingt pages ..............