
Ben, finalement, le thème de La Laine, chez Lajemy, m'inspire.
Mais de la laine, je passe bien sûr, aux moutons :
"…..Très délassant, la mer, très régulier.
Bien meilleur que de compter les moutons pour se détendre, qui est surtout bon pour les minables qui ne réfléchissent pas. Le premier mouton, passe. Il saute sa barrière et part en courant sur la
gauche de la tête. Et où s'en va-t-il ce minable ? Il se dissimule à gauche du cerveau, au-dessus de l'oreille. Cela se gâte pour le deuxième mouton, qui a évidemment moins de place que le
précédent pour disparaitre. On obtient très vite une pile de moutons à gauche de la barrière, les nouveaux venus ne parviennent plus à sauter; au bout du compte la pile de moutons s'écroule dans
les bêlements, c'est une abomination, autant les égorger-sur-le champ.
La mer, c'est beaucoup mieux.
Ça monte, ça recule, sans cesse, et pour rien.
Quelle conne, cette mer.
Au fond, c'est irritant aussi la mer, en raison de cette inutilité immense.
Tirée et retirée par la lune, incapable de faire valoir sa volonté"……
Fred Vargas – Un peu plus loin sur la droite
Je suis lectrice inconditionnelle de Fred Vargas.
Pas tant pour l'intrigue de ses romans, mais pour son style, et ses réflexions.
Elle a également le don de nous présenter des personnages hors du commun, truculents, déjantés, et attachants ; et, si je devais faire un vœu devant un génie, et le voir exaucé, ce serait d'avoir
un quart du millième de son talent………..
Ceci dit, depuis que l'ai lu ce passage, j'ai étudié très sérieusement cette histoire de moutons.
L'autre soir, je me suis couchée, et j'ai commencé à les compter.
Mais, douée d'une imagination délirante, j'ai visionné le tas de bestiaux ,(mais pas n'importe lesquels, hein, ceux du Génie des alpages), en train de s'écrouler, et pffffffttttttttttt, toute
velléité de m'endormir a disparu, secouée que j'étais par le fou-rire.
Et en y repensant, dans quels sens ils allaient, les moutons ?
Ben oui, de droite à gauche !